Le marché glisse côté acheteurs, mais le plex tient debout
Sur l’île de Montréal, la demande absorbe l’offre de façon raisonnable, mais le recul annuel des ventes pèse sur le score global. Le rapport de force penche modérément vers les acheteurs.
SNLR 49,2 % · Expirations 23,3 % · Momentum −6,3 % YoY
Pondération 40/30/30 · Sous-scores : 63,9 / 22,5 / 18,4
| Catégorie | Ventes 7j | vs 2025 | Nouv. inscr. | Expirées | Actives | Médiane $ | JSM moy. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Copropriété | 184 | −9,4 % | 409 | 63 | 7 038 | 465 000 $ | 52 j |
| Unifamiliale | 106 | −7,0 % | 182 | 23 | 2 345 | 783 850 $ | 38 j |
| Duplex | 28 | −3,4 % | 63 | 8 | 655 | 853 000 $ | 20 j |
| Triplex | 25 | +19,0 % | 28 | 6 | 521 | 940 000 $ | 29 j |
| 4-plex | 8 | 0,0 % | 17 | 3 | 221 | 1 062 500 $ | 59 j |
| Multilogement 5+ | 5 | 0,0 % | 24 | 5 | 387 | 1 580 000 $ | 108 j |
| Total île | 356 | −6,3 % | 723 | 108 | 11 167 | — | — |
Médiane $ et jours sur le marché (JSM) calculés sur les ventes notariées de la semaine. La médiane n’est pas une moyenne : elle représente la valeur centrale, moins sensible aux transactions extrêmes.
Avec 409 nouvelles inscriptions pour 184 ventes, l’offre dépasse nettement l’absorption hebdomadaire, et l’inventaire actif reste élevé à 7 038 propriétés. La médiane de 465 000 $ confirme un segment où l’acheteur dispose de marge de négociation et de choix. Ville-Marie domine l’activité de la semaine.
Délai médian de 38 jours, plus serré que la copropriété. Avec un ratio de 106 ventes pour 182 nouvelles inscriptions, l’absorption est plus rapide : la demande pour la maison individuelle demeure soutenue malgré un prix médian approchant les 800 000 $. Les expirations restent contenues à 23.
Le triplex progresse de 19,0 % sur un an et affiche le ratio ventes/nouvelles inscriptions le plus tendu de toutes les catégories — 25 ventes pour seulement 28 nouvelles inscriptions. Le duplex se vend vite, avec un délai médian de 20 jours, le plus court de l’île. Rosemont–La Petite-Patrie et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve concentrent l’essentiel de l’activité plex. Le 4-plex stagne à volume identique à l’an dernier, avec un délai plus long de 59 jours. Sur ces faibles volumes hebdomadaires, les variations annuelles sont à lire avec prudence.
5 ventes pour la semaine, identique à l’an dernier. Le MRB moyen de 17,94 et un prix par porte autour de 202 400 $ situent les valeurs d’investissement. Le délai de 108 jours et les 5 inscriptions expirées rappellent que ce segment se négocie sur un horizon plus long et plus sélectif que le résidentiel classique.
Une part d’expirations qui monte signale souvent un écart entre les prix demandés et ce que le marché est prêt à payer, dans un contexte où l’inventaire s’accumule. La copropriété concentre 63 de ces expirations. Signal d’ajustement de prix à surveiller.
- Taux directeur BdC 2,25 % Maintenu le 29 avril 2026 · Prochaine décision 10 juin 2026
- IPC Canada 2,8 % Avril 2026 · Québec à 3,0 %
- Taux préférentiel 4,45 % Banques canadiennes
- PIB Canada −0,6 % (T4 2025) Reprise modérée attendue début 2026
L’inflation canadienne s’accélère à 2,8 % en avril
Statistique Canada a confirmé une inflation annuelle de 2,8 % en avril, en hausse par rapport aux 2,4 % de mars, son niveau le plus élevé en près de deux ans. La poussée vient presque entièrement de l’énergie : les prix de l’essence ont bondi de 28,6 % sur un an. Hors essence, l’inflation a au contraire ralenti à 2,0 %, notamment grâce à un ralentissement de la croissance des loyers. Au Québec, l’IPC a atteint 3,0 %.
La Banque du Canada en mode observation
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 29 avril, une quatrième pause consécutive. L’institution évoque un rare dilemme à deux directions : une économie qui s’essouffle d’un côté, un risque inflationniste lié au pétrole de l’autre. La prochaine décision est attendue le 10 juin. Plusieurs analystes anticipent un statu quo prolongé pour le reste de 2026.
L’APCIQ confirme le ralentissement des ventes à Montréal
Selon les données d’avril de l’APCIQ, la RMR de Montréal a enregistré 4 744 transactions, en recul de 7 % sur un an. L’inventaire actif poursuit sa hausse, neuvième augmentation annuelle consécutive. L’APCIQ pointe la prudence des acheteurs, l’incertitude économique et les enjeux d’abordabilité. Ce contexte régional est cohérent avec le repli annuel observé cette semaine sur l’île.
Rapport sur la stabilité financière attendu le 28 mai
La Banque du Canada publiera son Rapport sur la stabilité financière le jeudi 28 mai. Ce document évalue les vulnérabilités du système financier, dont l’endettement hypothécaire des ménages et les risques liés aux renouvellements de prêts. Il pourrait apporter un éclairage utile sur la résilience du marché résidentiel à l’approche de la décision de taux de juin.
Ce que je retiens cette semaine
Un score de 37,8 dans la zone acheteur léger, ce n’est pas un marché qui s’effondre. C’est un marché qui respire moins vite. Le ratio ventes sur nouvelles inscriptions à 49,2 % nous dit que l’offre et la demande de la semaine s’équilibrent à peu près. Ce qui fait basculer le score sous la barre des 40, c’est la combinaison de deux signaux plus lents : moins de ventes qu’il y a un an, et davantage d’inscriptions qui expirent sans trouver preneur.
La moyenne masque un écart réel. La copropriété recule de 9,4 % sur un an et traîne un inventaire de plus de 7 000 propriétés actives. Pendant ce temps, le triplex progresse de 19,0 % et se vend avec un ratio d’absorption que j’aimerais voir partout. Le duplex, lui, part en 20 jours médians. Quand on me dit « le marché de Montréal », je réponds : lequel? Celui du condo ou celui du plex? Ce ne sont pas les mêmes conditions.
Concrètement, pour qui regarde le condo, il y a du choix et de la marge de négociation. Pour qui vise le plex bien situé, la fenêtre est plus serrée. Le contexte macro ne tranche pas : l’inflation remonte surtout à cause de l’essence, la Banque du Canada attend, et l’APCIQ confirme une prudence généralisée des acheteurs. Rien qui force la main dans un sens ou dans l’autre.
Une limite que j’assume : sur le triplex, le 4-plex et le multilogement, on parle de 5 à 25 ventes par semaine. À ces volumes, une poignée de transactions suffit à faire bouger un pourcentage annuel de plusieurs points. Le +19,0 % du triplex est réel, mais je ne bâtirais pas une thèse de marché sur une seule semaine. C’est la tendance sur plusieurs semaines, croisée avec le bilan mensuel, qui mérite qu’on s’y arrête.
Sources des données
- Calculs primaires : données Centris via Matrix (extraction David Tardif, courtier OACIQ)
- Validation croisée : Centris HPI (APCIQ), statistiques mensuelles APCIQ
- Contexte macroéconomique : Banque du Canada, Statistique Canada, SCHL
- Méthodologie : enduranceimmobilier.com/indice-tardif-methodologie/ (v2.1)

