Pour la semaine du 15 au 21 mai 2026, L’Indice Tardif s’établit à 37,8 sur 100, dans la zone acheteur léger. Le chiffre tient en grande partie à un ratio ventes sur nouvelles inscriptions de 49,2 % — soit un marché techniquement équilibré sur l’offre et la demande de la semaine. Ce qui tire le score vers le bas, c’est ailleurs : un volume de ventes en repli de 6,3 % par rapport à la même semaine de 2025, et une part d’inscriptions expirées qui grimpe à 23,3 % des dénouements. La moyenne raconte un marché qui ralentit. Le détail par catégorie, lui, raconte deux marchés.
| Catégorie |
Ventes 7j |
vs 2025 |
Nouv. inscr. |
Expirées |
Actives |
Médiane $ |
JSM moy. |
| Copropriété |
184 |
−9,4 % |
409 |
63 |
7 038 |
465 000 $ |
52 j |
| Unifamiliale |
106 |
−7,0 % |
182 |
23 |
2 345 |
783 850 $ |
38 j |
| Duplex |
28 |
−3,4 % |
63 |
8 |
655 |
853 000 $ |
20 j |
| Triplex |
25 |
+19,0 % |
28 |
6 |
521 |
940 000 $ |
29 j |
| 4-plex |
8 |
0,0 % |
17 |
3 |
221 |
1 062 500 $ |
59 j |
| Multilogement 5+ |
5 |
0,0 % |
24 |
5 |
387 |
1 580 000 $ |
108 j |
| Total île |
356 |
−6,3 % |
723 |
108 |
11 167 |
— |
— |
Médiane $ et jours sur le marché (JSM) calculés sur les ventes notariées de la semaine. La médiane n’est pas une moyenne : elle représente la valeur centrale, moins sensible aux transactions extrêmes.
Copropriété
Plus de la moitié des ventes, le recul le plus marqué
184 ventes (−9,4 % sur un an) · Médiane 465 000 $ · JSM 52 j · Top : Ville-Marie
Avec 409 nouvelles inscriptions pour 184 ventes, l’offre dépasse nettement l’absorption hebdomadaire, et l’inventaire actif reste élevé à 7 038 propriétés. La médiane de 465 000 $ confirme un segment où l’acheteur dispose de marge de négociation et de choix. Ville-Marie domine l’activité de la semaine.
Unifamiliale
Absorption plus rapide malgré le recul annuel
106 ventes (−7,0 % sur un an) · Médiane 783 850 $ · JSM 38 j · Top : Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles
Délai médian de 38 jours, plus serré que la copropriété. Avec un ratio de 106 ventes pour 182 nouvelles inscriptions, l’absorption est plus rapide : la demande pour la maison individuelle demeure soutenue malgré un prix médian approchant les 800 000 $. Les expirations restent contenues à 23.
Plex — Duplex · Triplex · 4-plex
Le segment qui tient debout cette semaine
Duplex : 28 ventes, médiane 853 000 $, JSM 20 j · Triplex : 25 ventes (+19,0 %), médiane 940 000 $, JSM 29 j · 4-plex : 8 ventes, médiane 1 062 500 $, JSM 59 j
25/28
Ventes/Inscr. triplex
Le triplex progresse de 19,0 % sur un an et affiche le ratio ventes/nouvelles inscriptions le plus tendu de toutes les catégories — 25 ventes pour seulement 28 nouvelles inscriptions. Le duplex se vend vite, avec un délai médian de 20 jours, le plus court de l’île. Rosemont–La Petite-Patrie et Mercier–Hochelaga-Maisonneuve concentrent l’essentiel de l’activité plex. Le 4-plex stagne à volume identique à l’an dernier, avec un délai plus long de 59 jours. Sur ces faibles volumes hebdomadaires, les variations annuelles sont à lire avec prudence.
Multilogement 5+
Marché de niche, horizon long
5 ventes · Médiane 1 580 000 $ · JSM 108 j · MRB moyen 17,94 · Prix moyen par porte 202 400 $
5 ventes pour la semaine, identique à l’an dernier. Le MRB moyen de 17,94 et un prix par porte autour de 202 400 $ situent les valeurs d’investissement. Le délai de 108 jours et les 5 inscriptions expirées rappellent que ce segment se négocie sur un horizon plus long et plus sélectif que le résidentiel classique.
⚠ Signal
Expirations en hausse : 23,3 %
108 expirées · 356 ventes · Copropriété concentre 63 des 108
Une part d’expirations qui monte signale souvent un écart entre les prix demandés et ce que le marché est prêt à payer, dans un contexte où l’inventaire s’accumule. La copropriété concentre 63 de ces expirations. Signal d’ajustement de prix à surveiller.
-
Taux directeur BdC
2,25 %
Maintenu le 29 avril 2026 · Prochaine décision 10 juin 2026
-
IPC Canada
2,8 %
Avril 2026 · Québec à 3,0 %
-
Taux préférentiel
4,45 %
Banques canadiennes
-
PIB Canada
−0,6 % (T4 2025)
Reprise modérée attendue début 2026
L’inflation canadienne s’accélère à 2,8 % en avril
Statistique Canada a confirmé une inflation annuelle de 2,8 % en avril, en hausse par rapport aux 2,4 % de mars, son niveau le plus élevé en près de deux ans. La poussée vient presque entièrement de l’énergie : les prix de l’essence ont bondi de 28,6 % sur un an. Hors essence, l’inflation a au contraire ralenti à 2,0 %, notamment grâce à un ralentissement de la croissance des loyers. Au Québec, l’IPC a atteint 3,0 %.
La Banque du Canada en mode observation
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 29 avril, une quatrième pause consécutive. L’institution évoque un rare dilemme à deux directions : une économie qui s’essouffle d’un côté, un risque inflationniste lié au pétrole de l’autre. La prochaine décision est attendue le 10 juin. Plusieurs analystes anticipent un statu quo prolongé pour le reste de 2026.
L’APCIQ confirme le ralentissement des ventes à Montréal
Selon les données d’avril de l’APCIQ, la RMR de Montréal a enregistré 4 744 transactions, en recul de 7 % sur un an. L’inventaire actif poursuit sa hausse, neuvième augmentation annuelle consécutive. L’APCIQ pointe la prudence des acheteurs, l’incertitude économique et les enjeux d’abordabilité. Ce contexte régional est cohérent avec le repli annuel observé cette semaine sur l’île.
Rapport sur la stabilité financière attendu le 28 mai
La Banque du Canada publiera son Rapport sur la stabilité financière le jeudi 28 mai. Ce document évalue les vulnérabilités du système financier, dont l’endettement hypothécaire des ménages et les risques liés aux renouvellements de prêts. Il pourrait apporter un éclairage utile sur la résilience du marché résidentiel à l’approche de la décision de taux de juin.
Ce que je retiens cette semaine
Par David Tardif, courtier immobilier
Un score de 37,8 dans la zone acheteur léger, ce n’est pas un marché qui s’effondre. C’est un marché qui respire moins vite. Le ratio ventes sur nouvelles inscriptions à 49,2 % nous dit que l’offre et la demande de la semaine s’équilibrent à peu près. Ce qui fait basculer le score sous la barre des 40, c’est la combinaison de deux signaux plus lents : moins de ventes qu’il y a un an, et davantage d’inscriptions qui expirent sans trouver preneur.
La moyenne masque un écart réel. La copropriété recule de 9,4 % sur un an et traîne un inventaire de plus de 7 000 propriétés actives. Pendant ce temps, le triplex progresse de 19,0 % et se vend avec un ratio d’absorption que j’aimerais voir partout. Le duplex, lui, part en 20 jours médians. Quand on me dit « le marché de Montréal », je réponds : lequel? Celui du condo ou celui du plex? Ce ne sont pas les mêmes conditions.
Concrètement, pour qui regarde le condo, il y a du choix et de la marge de négociation. Pour qui vise le plex bien situé, la fenêtre est plus serrée. Le contexte macro ne tranche pas : l’inflation remonte surtout à cause de l’essence, la Banque du Canada attend, et l’APCIQ confirme une prudence généralisée des acheteurs. Rien qui force la main dans un sens ou dans l’autre.
Une limite que j’assume : sur le triplex, le 4-plex et le multilogement, on parle de 5 à 25 ventes par semaine. À ces volumes, une poignée de transactions suffit à faire bouger un pourcentage annuel de plusieurs points. Le +19,0 % du triplex est réel, mais je ne bâtirais pas une thèse de marché sur une seule semaine. C’est la tendance sur plusieurs semaines, croisée avec le bilan mensuel, qui mérite qu’on s’y arrête.
Pourquoi L’Indice Tardif est-il à 37,8 cette semaine?
Le score de 37,8 résulte du calcul pondéré 40/30/30 : un SNLR de 49,2 % (sous-score 63,9), un ratio d’expirations de 23,3 % (sous-score 22,5) et un momentum annuel de −6,3 % (sous-score 18,4). La pondération donne 37,8. Le marché est en zone acheteur léger : l’offre et la demande de la semaine s’équilibrent, mais le recul annuel des ventes pèse. Méthodologie complète sur enduranceimmobilier.com.
Que signifie un score en zone acheteur léger?
Un score entre 21 et 40 indique un marché qui offre un pouvoir de négociation aux acheteurs, avec des ratios d’expirations modérés à élevés. Concrètement, les acheteurs disposent de marge et de choix, et un dossier financier solide est privilégié. Du côté des vendeurs, des prix réalistes et une présentation soignée deviennent essentiels. Les cinq zones d’interprétation sont détaillées dans la méthodologie publiée sur enduranceimmobilier.com.
Quelles villes sont couvertes par L’Indice Tardif?
L’indicateur couvre l’ensemble de l’île de Montréal, soit les 19 arrondissements de la Ville de Montréal et les 15 villes liées. Laval, Longueuil, les couronnes nord et sud et le reste de la RMR sont explicitement hors périmètre. L’Indice ne représente donc ni la RMR, ni le Québec, ni le Canada. La liste exhaustive des secteurs couverts figure dans la méthodologie sur enduranceimmobilier.com.
Comment ça se compare à l’an dernier?
Le volume total de ventes de la semaine s’établit à 356, contre 380 à la même période de 2025, soit un recul de 6,3 %. Ce repli est cohérent avec les données d’avril de l’APCIQ, qui montrent une baisse de 7 % des ventes dans la RMR de Montréal sur un an. La copropriété recule le plus (−9,4 %), tandis que le triplex progresse (+19,0 %) sur de faibles volumes. Source : APCIQ, statistiques mensuelles.
Quelle est la différence entre L’Indice Tardif et le Centris HPI?
Le Centris HPI mesure l’évolution des prix résidentiels selon une méthode de propriété de référence, à l’échelle de la RMR. L’Indice Tardif mesure plutôt les conditions transactionnelles — tension offre-demande, expirations, momentum — à l’échelle plus fine de l’île de Montréal et par catégorie. Les deux sont complémentaires : le HPI dit comment les prix bougent, L’Indice Tardif dit dans quel rapport de force. Validation croisée sur enduranceimmobilier.com.
Le marché immobilier de Montréal favorise-t-il les acheteurs ou les vendeurs en mai 2026?
Pour la semaine du 15 au 21 mai 2026, l’île de Montréal se situe en zone acheteur léger, avec un score de 37,8 sur 100. Les acheteurs disposent d’un pouvoir de négociation modéré, surtout en copropriété où l’inventaire actif dépasse 7 000 propriétés. Le plex fait exception et reste plus tendu. La situation varie donc fortement selon la catégorie visée.
Quelle catégorie de propriété résiste le mieux à Montréal cette semaine?
Le plex se distingue cette semaine. Le triplex progresse de 19,0 % sur un an avec 25 ventes pour 28 nouvelles inscriptions, soit le ratio d’absorption le plus serré de l’île. Le duplex se vend en 20 jours médians, le délai le plus court. À l’inverse, la copropriété recule de 9,4 %. Attention toutefois : les faibles volumes hebdomadaires du plex amplifient les variations. La tendance mensuelle sera plus fiable.
Comment l’inflation et les taux affectent-ils le marché de Montréal en ce moment?
L’inflation canadienne a atteint 2,8 % en avril, tirée surtout par l’essence, tandis que la Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % depuis avril. Ce statu quo limite les baisses de versements hypothécaires espérées par certains acheteurs et entretient une prudence générale, que l’APCIQ observe aussi. La prochaine décision de taux, le 10 juin, sera un point de repère. Sources : Statistique Canada, Banque du Canada.
Pourquoi y a-t-il plus d’inscriptions expirées cette semaine?
Sur l’ensemble de l’île, 108 inscriptions ont expiré pour 356 ventes, soit 23,3 % des dénouements. Une part d’expirations qui monte signale souvent un écart entre les prix demandés et ce que le marché est prêt à payer, dans un contexte où l’inventaire s’accumule. La copropriété concentre 63 de ces expirations. C’est un signal d’ajustement de prix à surveiller.
À quoi s’attendre dans les semaines à venir?
Sans prétendre prédire le marché, deux repères encadrent les prochaines semaines : la décision de taux de la Banque du Canada le 10 juin, et le Rapport sur la stabilité financière du 28 mai. Tant que les taux restent stables et que l’inventaire s’accumule, la pression à la baisse sur le score devrait persister, surtout en copropriété. Cette lecture relève de l’analyse éditoriale et non d’une prévision certaine.
Sources des données
- Calculs primaires : données Centris via Matrix (extraction David Tardif, courtier OACIQ)
- Validation croisée : Centris HPI (APCIQ), statistiques mensuelles APCIQ
- Contexte macroéconomique : Banque du Canada, Statistique Canada, SCHL
- Méthodologie : enduranceimmobilier.com/indice-tardif-methodologie/ (v2.1)
L’Indice Tardif est un indicateur statistique des conditions transactionnelles observées sur l’île de Montréal. Il ne constitue ni une opinion de valeur, ni une analyse comparative de marché au sens de la réglementation OACIQ, ni un conseil professionnel sur un bien spécifique. Pour toute décision d’achat, de vente ou d’inscription, consultez un courtier immobilier inscrit à l’OACIQ qui réalisera une analyse adaptée à votre situation et au bien concerné. Les données et chiffres publiés sont fournis à titre informatif et journalistique. Endurance Groupe Immobilier décline toute responsabilité quant à l’usage qui pourrait en être fait.